
« Le sport est trop faible pour résumer les relations entre le Maroc et le Sénégal », déclare le Premier ministre sénégalais
Dans une déclaration aux profondes implications politiques et diplomatiques, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a affirmé que sa visite actuelle au Royaume du Maroc visait à consacrer une nouvelle vision des relations historiques entre Dakar et Rabat. Il a souligné que les liens entre les deux pays dépassaient les calculs conjoncturels ou les émotions passagères.
Cette visite intervient une semaine après les événements de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, qui avaient suscité une vive polémique suite à la menace de retrait de l'équipe du Sénégal après l'octroi d'un penalty à la sélection marocaine.
S'exprimant lors des travaux de la Haute Commission Mixte Maroc-Sénégal, qui se tiennent dans la capitale Rabat, M. Sonko a déclaré : « Cette visite intervient dans un contexte chargé d'émotions sportives, de dépassements regrettables et d'images parfois douloureuses pour deux peuples unis par des liens profonds. »
Il a ajouté : « Mais sa valeur historique réside précisément dans la forte capacité des deux nations sœurs à ne pas laisser les émotions prendre le dessus et dicter la voie. Dans cette optique, cette démarche ne vise pas seulement à 'apaiser les tensions', mais à réaffirmer que le sport n'a pas divisé les deux peuples. »
Il a souligné : « Le sport a mis à l'épreuve leurs liens, mais il n'a pas opposé le Sénégal et le Maroc ; il a plutôt testé l'intensité de la passion nationale dans un espace commun. Les dépassements observés çà et là ne doivent être ni niés ni amplifiés, mais plutôt reclassés comme des 'excès émotionnels' résultant de l'enthousiasme, et non comme des fissures politiques ou culturelles. Car le sport, aussi excitant et passionné soit-il, est trop faible pour résumer les relations entre les deux nations et entre les deux États. »
Il a poursuivi : « Ce sont des relations fondées sur des liens humains, spirituels, économiques et culturels, et sur la circulation historique des personnes, des savoirs, des étudiants et des entrepreneurs. C'est une confiance politique bâtie sur le long terme, au-delà des changements et des circonstances ; un lien entre un État et un peuple qui résiste aux événements car il est enraciné dans une histoire commune. »