
Les propos d'El Hadji Diouf sur les primes et les terrains mettent la FSF dans l'embarras
La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a publié un communiqué concernant les déclarations de l'ancien joueur de l'équipe nationale, El Hadji Ousseynou Diouf. Ce communiqué a suscité une vive polémique, donnant l'impression que la FSF cherchait à restreindre la liberté d'expression des anciens joueurs et à discréditer leurs opinions personnelles.
El Hadji Diouf avait précédemment critiqué la gestion par l'État sénégalais de la question des terrains et des primes allouées aux joueurs de l'équipe nationale après leur victoire à la Coupe d'Afrique des Nations 2021. Il avait notamment souligné que les terrains promis aux joueurs à l'époque étaient toujours en attente et ne leur avaient pas encore été attribués. Il avait également abordé certaines politiques administratives et de gouvernance au sein du football national, ce que beaucoup ont perçu comme une discussion franche de sujets sensibles liés à la transparence sportive.
La FSF a toutefois rapidement publié un communiqué officiel pour se désolidariser des propos de Diouf, affirmant qu'ils ne représentaient pas la position de la Fédération et qu'elle s'en tenait aux voies officielles pour traiter toute question, ignorant manifestement le rôle du débat public et le droit des joueurs à exprimer leurs opinions.
Dans son communiqué, la FSF ne s'est pas contentée de clarifier sa position ; elle est allée plus loin en annonçant son "désaveu total" des déclarations de Diouf, les qualifiant de "regrettables" et de "nuisibles" à la réputation du pays.
Cette manière de traiter un joueur de la stature de Diouf soulève une question fondamentale : la Fédération craint-elle l'influence médiatique de Diouf ? Au lieu d'intégrer "l'enfant prodigue" et de prendre en compte les revendications des joueurs, exprimées par Diouf concernant les "primes foncières", la FSF a choisi de se retrancher derrière les canaux administratifs, affirmant que ces exigences "n'engagent que leur auteur".
Dans le même communiqué, la Fédération a qualifié l'ancien joueur Diouf de "légende du football", mais a simultanément tenté de priver son opinion de toute pertinence sur les affaires internationales.
L'affirmation de la Fédération selon laquelle "la politique internationale est déterminée exclusivement par le Comité exécutif" semble être une tentative de "museler" la voix de Diouf, d'autant plus que ce dernier entretient des relations solides avec d'autres fédérations continentales. La FSF semble y voir une menace pour sa diplomatie sportive traditionnelle.