
Abdullah Ibhais s'apprête à poursuivre la FIFA après trois ans passés dans les prisons qataries
Abdullah Ibhais, ancien directeur du département des médias au sein du Comité d'organisation de la Coupe du Monde au Qatar, a entamé des procédures judiciaires depuis la Jordanie afin de faire rouvrir son dossier. Cette démarche intervient après sa libération des prisons qataries, où il a passé plus de trois ans, sa détention s'étant étendue de novembre 2021 à mars 2025. Son incarcération faisait suite à de vifs désaccords survenus après son refus de nier des protestations de travailleurs ayant entaché les préparatifs du tournoi mondial.
Les faits remontent à la démission d'Ibhais en 2019. Il avait alors refusé de s'engager dans une campagne visant à nier une grève des travailleurs ainsi que des allégations concernant des conditions humanitaires inappropriées et des salaires impayés. Il a ensuite été arrêté pour la première fois, seulement deux mois après avoir quitté ses fonctions.
Bien qu'un juge soudanais l'ait précédemment libéré sous caution, estimant que l'affaire était « totalement fabriquée », Ibhais a reçu par courrier une condamnation à cinq ans de prison. Cela l'a poussé à entamer une grève de la faim à la prison centrale d'Al Rayyan, en signe de protestation contre sa condamnation pour des accusations de corruption et de fraude, qu'il continue de nier avec véhémence.
L'ancien responsable des médias cherche actuellement un soutien juridique en Suisse, dans le but d'obtenir un nouveau procès. Il accuse la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) de complicité dans sa situation, par son silence et en privilégiant la version officielle des faits.
À ce sujet, Ibhais a déclaré : « Pour moi, la FIFA a été complice de tout par son omission, son silence et en protégeant le récit du Qatar. » Il a également souligné que les pressions qu'il a subies visaient à étouffer sa voix, affirmant : « Si vous n'obéissez pas à leurs ordres, vous devenez une menace. » Il a insisté sur le fait que le seul objectif de sa persécution était de le réduire au silence.