
L'absence du comité d'éthique dans l'affaire Zemrat met en lumière la fragilité du contrôle au sein de la Ligue et sa capacité à garantir la transparence du championnat
La controverse suscitée par les déclarations de l'entraîneur Abdelwahed Zemrat, concernant des « interventions extérieures » dans le processus d'arbitrage, a remis en lumière l'absence quasi totale du comité d'éthique. Ce dernier n'a montré aucune réaction depuis le début de l'affaire, malgré sa sensibilité et la nature des accusations portées au sein du système.
Bien que le dossier relève des compétences de ce comité, qui est censé ouvrir une enquête interne étant donné que l'affaire touche à l'intégrité de l'arbitrage et constitue une accusation directe contre un responsable au sein de la direction, le comité a complètement disparu de la scène. Il a ainsi laissé le champ libre au président de la Ligue professionnelle, Abdelsalam Belkchour, qui a annoncé il y a quatre jours son intention de saisir la justice pour ouvrir une enquête approfondie.
Cette démarche soulève de nombreuses questions : pourquoi le comité d'éthique a-t-il été contourné dans une affaire d'une telle ampleur ? Cela reflète-t-il un manque de confiance interne dans sa capacité à traiter des dossiers complexes, ou s'agit-il simplement d'une tentative rapide d'« amortir le choc » et d'apaiser les tensions en renvoyant le dossier devant la justice, au lieu d'ouvrir un débat interne qui pourrait révéler des dysfonctionnements plus importants ?
Des observateurs se demandent également si la logique du système n'exige pas que le comité d'éthique soit la première instance activée pour vérifier les allégations, d'autant plus que l'affaire aurait pu être résolue par une simple démarche, telle que la consultation des caméras de la salle VAR afin de confirmer si l'arbitre avait reçu un appel extérieur ou non.
Entre l'absence du comité et l'orientation du dossier vers la justice, la situation reste ouverte à de nombreuses interrogations concernant le rôle des organes de contrôle au sein de la Ligue et de la Fédération, et leur capacité à garantir la confiance et la transparence au sein du championnat professionnel, particulièrement dans une phase de grande sensibilité au niveau de l'arbitrage.